Cimetière de Boismoreau / Vannes / Morbihan / France

 

Le cimetière de Boismoreau à Vannes a ouvert ses portes le 17 février 1792.
Comme beaucoup de cimetières de cette époque, sa création a pour but de rassembler les cimetières situés autour des églises pour des questions de santé publique.

Sa superficie, qui s'est agrandie au fil du temps, est de 3,3 hectares.
Il reste peu de vieilles sépultures, les tombes étant régulièrement renouvelées.

   

J'ai visité le cimetière sous les couleurs de la Toussaint.

 

De nombreuses croix celtiques sont présentes parmi les tombes.
L'une d'elle, "La Croix Fitzgerald"a été classée monunent historique en 1937.
Elle marque la dernière demeure du jeune irlandais de 16 ans Gerarld Fitzgerald Lentaigne de Tallagh.
Il faisait ses études au lycée Saint-François-Xavier  quand il meurt en 1867.
Ses parents ne purent le rapatrier et lui offrirent une belle sépulture.
La croix est de style irlandais et possède un pinacle à son sommet où est écrit: « Priez pour l'âme de Gerald ».

 
La tombe ou plutôt aujourd'hui le cénotaphe du prêtre catholique Pierre-René Rogue se trouve ici.
Officiant dans la clandestinité et considéré comme un prêtre réfractaire, ce martyr de la Révolution française périt sous la lame de la guillotine le 3 mars 1796 à Vannes.
 
On trempera des linges dans son sang pour en faire des reliques. Un véritable culte c'est constitué autour de sa figure et on trouvait à une époque une potence où les gens déposaient des ex-voto: "des chapelets, des béquilles, des linges d'enfants, des coeurs, têtes, bras ou jambes en cire" pour demander sa protection ou des guérissons.
Les malades portaient sur eux des sachets remplis de la terre de son tombeau.
 
Son corps repose aujourd'hui dans la cathédrale de Vannes où on peut découvrir un gisant en cire plus vrai que nature.
Il a été béatifié en 1934.
 

En Bretagne on retrouve énormément de croix en fonte.
Ces croix sont devenues très populaires à partir des années 1860 à cause de leurs prix rendus attractifs par l'expansion du chemin de fer.
On pouvait retrouver de nombreux modèles standardisés dans les catalogues des Fonderies ou des Haut-Fourneaux de l'époque.
Elles prirent le pas sur les traditionnelles croix en pierre ou en bois.

Ici elles sont en fonte creuse, décorées de guirlandes à l'inspiration végétale (traditionnellement du lierre, des roseaux, des lys, des roses, des pensée, des immortelles, des chrysanthème ou encore des chardons), avec parfois la figure du Christ ou de la vierge Marie.

Elles ont souvent été repeintes, parfois dans des teintes surprenants mais plus generalement en blanc ou en argent.

Je leur trouve un beau charme rétro.

Le cimetière possède un carré militaire plutôt vaste au vue de la taille des lieux.
A la fin de la première guerre mondiale, les familles eurent deux choix pour l'inhumation de leurs proches: la sépulture familiale ou une sépulture entretenue à perpétuité aux frais de l’État.
Parfois les deux types de tombes se mêlent et créent un espace mixte.


A Boismoreau le carré fut créé en 1968 en regroupant les tombes des soldats morts pour la France de la Guerre 14-18 qui étaient autrefois dispersées.
En faisant mes recherches je me suis aperçue que l'espace avait été recemment recouvert de terre et de gazon pour un aspect moins minéral.
 

Près de 400 soldats reposent ici, la plupart sont morts de maladie ou de blessures dans les hôpitaux de Vannes.

Nous avons terminé la visite par le Carré des Prêtres.
Beaucoup d'entre eux sont enterrés dans des caveaux collectifs tandis que d'autres (particulièrement des évêques) possèdent leur propres tombes.

Ainsi le prêtre Louis Leleu est représenté à genoux, position qu'il a souhaité prendre pour attendre la mort.
Il fait l'objet d'un culte autour de la protection des enfants. Sa tombe est entourée de plaques de remerciement, de plantes ou d'objets servant d'ex-voto pour demander son aide.

Monseigneur de la Motte (Charles-Jean de La Motte de Broons de Vauvert) est lui sous un très beau tombeau néo-gothique datant de la deuxième moitié du 19eme siecle.